[ESSAI AUTO] Nouvelle Kia Rio 2017

La Kia Rio de quatrième génération lorgne du côté des berlines allemandes

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La nouvelle Kia Rio est une voiture coréenne un brin allemande. Partons à la découverte de la quatrième génération de l'un des best-sellers de Kia.

[ESSAI AUTO] Nouvelle Kia Rio 2017
© Kia ©
Alain Daldem

Passionné d'automobile (entre autres) | []

La Kia Rio est un best seller de la marque coréenne sur le marché mondial, avec près 450 000 exemplaires vendus pour la génération précédente en 2016. Cette quatrième version a donc l’ambition de faire aussi bien, en allant à la rencontre d’une nouvelle clientèle... sans pour autant dérouter l’ancienne.

La stratégie allemande de Kia

Tous les constructeurs lorgnent vers les marques allemandes (Volkswagen en tête), qui affichent des résultats financiers faisant baver d’envie bien des concurrents. Kia aurait tort de se priver, et reprend à son tour une stratégie employée depuis des années outre-Rhin : l’évolution discrète. Un constat que nous avions déjà pu faire récemment avec la nouvelle Hyundai i30 et qui se répète donc ici.

La nouvelle Rio garde les grands traits de sa devancière en matière de design. Toutes les pièces de carrosserie changent pourtant, les surfaces galbées laissant place à des traits plus tendus, plus acérés. Globalement, le dessin perd en identité et en musculature, mais devient plus sérieux... dans l’esprit d’une Polo.

Trop de sobriété ?

Mais, à titre personnel, étant passé à côté du véhicule sans le remarquer en cherchant où je m’étais garé, on peut se demander si le coup de crayon de Peter Schreyer, bien qu’efficace, n’est pas allé trop loin dans le consensuel. On retiendra qu’un centre de design de Kia est basé en Allemagne, et cela se ressent.

L’intérieur suit la même direction, avec une planche de bord extrêmement sobre. On ne va pas s’en plaindre d’un point de vue ergonomie. Kia n’a pas toujours été à la pointe des tableaux de bord épurés, avec souvent beaucoup trop de boutons. Ici, avec essentiellement un écran central de 5 ou 7 pouces, et des commandes de climatisation, on s’y retrouve facilement. Android Auto et Apple CarPlay sont également de la partie pour faciliter les trajets, la musique en streaming, ou encore la gestion de nos appels.

De nouveau, la présentation est très "rigueur allemande", "deutsche qualität", et une sensation de sérieux se dégage de l’habitacle. Peut-être un peu trop sérieux, le noir étant omniprésent sans la moindre touche de gaieté, ce qui est renforcé par des matériaux solides, mais ternes. Il manque au catalogue l’option Red Pack, disponible dans d’autres pays pour rendre l’ensemble plus joyeux.

La rigueur a du bon

Autre point pour lequel la nouvelle Rio s’inspire de la fabrication germanique, le comportement routier apparait de très bonne facture. Sur les pavés parisiens, les vibrations sont très bien filtrées, et sur de longues distances, les sièges sont confortables. Fermes juste ce qu’il faut, les suspensions prodiguent un bon compromis entre tenue de route et confort ; sans conteste un gros bond en avant de la part de la marque coréenne.

Nous avions à l’essai une version 1.4 CRDi de 90 chevaux. Si le diesel ne se justifie pas forcément pour une citadine (mais qui a des ambitions de routière), c’est tout de même un juge de paix intéressant tant Kia n’a pas toujours été à la pointe sur ce type de motorisation, comme nous l’avions déjà dit sur nos pages.

Et il faut l’avouer, c’est une très agréable surprise ! Dans un premier temps, il faut saluer le travail d’insonorisation, puisque c’est la première fois que l’on ne devine pas au bruit du moteur que l’on a un diesel sous le capot. De plus, ce petit 90ch a une bonne pêche, et est parfaitement épaulé par une boite 6 rapports agréable à manipuler et bien étagée. Ça aussi, c’est nouveau pour Kia.

On notera que la Rio est disponible également avec un bloc essence 3 cylindres 1.0 litre T-GDI de 100ch, un 1,2l MPi de 84ch, et une version boite automatique propulsée par un 1,4 litres de 100ch.

Citadine pour longs trajets

Ces dernières années, les citadines sont devenues aptes à traverser la France sans compromis de sécurité et les équipements. La Rio suit cette logique, notre version proposant pêle-mêle le régulateur / limitateur de vitesse, l’alerte de franchissement de ligne (parfois un peu trop intempestif), le volant chauffant, le démarrage main libre, et même le freinage d’urgence avec détection des piétons.

Et pour les longs week-ends, le coffre de 325 litres est fonctionnel et devrait emporter tous les bagages utiles. Mesurant un peu plus de 4m (4065mm exactement, soit 15mm de plus que la génération précédente), la Rio met clairement ses dimensions au service de l’espace intérieur.

Double nationalité

La nouvelle Kia Rio lorgne donc fortement du côté de la production allemande, que ce soit par son design, sa stratégie, ou son comportement. On ne va pas s’en plaindre sur certains points, l’auto étant une réussite en termes de confort et d’agrément de conduite. Mais cependant, elle perd un peu de son âme, et cela reste essentiel pour se distinguer de la concurrence germanique. A la copie, on risque de préférer l’originale.

Quand une Polo commence à 13 570 euros, la Rio propose un prix d’attaque de... 13 490 euros ! Une bien maigre différence entre ces deux modèles, bien que l’on puisse supposer une marge de négociation plus importante sur la coréenne. Notre version diesel commence pour sa part à 15 690 euros en finition Motion pour aller à 20 790 euros en finition Premium. Reste que ce modèle désormais très homogène a aussi pour lui la fameuse garantie de 7 ans, qui pèse au moment de l’achat. Assez pour faire face à la réputation (parfois exagérée) de la fiabilité allemande ?

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